C'est l'hiver. Fait “fret”, on gèle, il vente, ya de la neige, de la poudrerie. Bref, c'est l'hiver. Ça déjà été plus l'hiver que ça, mais personne de sain d'esprit ne sortirait aujourd'hui sans un bon manteau, des gants et un chapeau. Pourtant, ce matin, à l'ÉCV, ya un petit quelque chose du printemps. Un vent de folie, un vent de fraîcheur. Qui me donne envie de me reteindre les cheveux rouge vif-foncé et qui me rend heureuse, même à l'idée d'aller « travailler pour de vrai » tantôt. É. est revenue avec nous. Les gens dans sa famille ont arrêté de mourir, elle peut donc recommencer à donner ces cours. Ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vue. F. commence à faire la mise en scène du spectacle de fin d'année. On commence toutes les deux à être moins zélées au travail. On passe plus de temps à jaser sur le bord de la piste qu'à faire nos tâches respectives. Les parents sont nombreux à venir poser des questions sur nos camps de jour et moi, je planche sur la traduction des multiples dépliants et feuillets informatifs. J'ignore ce qui donne son air printanier à mon petit monde. Quand je me suis levée, ce matin, il faisait noir comme chez le loup. J'avais envie de me recoucher. Mes pieds sur le plancher non-chauffé ont presque pris en glace tellement c'était froid. Le courant d'air qui s'insinue jusque dans mon bureau me rappelle l'hiver. Mais je me sens comme un début de printemps. C'est peut-être un effet pervers et trompeur de mon cerveau qui a trop peu dormi. Ou bien la réception de mon sac d'expédition (signe que je pars bientôt, et que donc, forcément, la belle saison approche). Ou juste la réplique d'É., en sortant du bureau : « j'ai envie de me pousser au Mexique. Mais on survit. Je sais pas comment, mais on survit ». Et je vous jure, ça fait du bien à entendre...
P.S. : D'ailleurs... quelqu'un a une traduction pour « la belle saison », en anglais... parce que ça m'échappe...